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La crise économique vue au travers du spam

26.03.2010   |   comment

Maria Namestnikova

Depuis peu, le spam est devenu vide et de piètre qualité. Il fait toujours partie malgré tout de notre vie et comme beaucoup d'autres aspects, il est influencé par les changements de la situation économique mondiale. Bien sûr, il semble pratiquement impossible de trouver des éléments qui confirment directement ou non cette hypothèse lorsque vous trouvez dans votre boîte aux lettres une multitude de messages les plus divers, mais inutiles. Mais en prenant un peu de distance, et par la mise en évidence des faits majeurs et en observant les tendances, on peut voir clairement le lien qui existe entre le spam et la situation économique dans son ensemble.

Pour bien comprendre et interpréter cette relation, il faut d'abord répondre à la question suivante: qu'est-ce que le spam ? Il existe une définition répandue et assez précise du spam: il s'agit d'une diffusion anonyme massive, non sollicité de messages. Du point de vue du destinataire, il s'agit d'une pollution de sa boîte de réception.

Du point de vue des spammeurs, ces diffusions massives anonymes non sollicitées constituent avant tout une activité à but commercial. Et à l'instar de toute autre active lucrative, le spam possède ses principes commerciaux. Ceux-ci définissent la nature des rapports entre le spammeur et ses clients. Les deux principaux éléments de l'activité sont: les programmes de partenariat et les rapports classiques au niveau « commanditaire - exécuteur ».

Le partenariat est une méthode de marketing dans le cadre de laquelle le diffuseur de marchandises paie le spammeur non pas pour la publicité en tant que telle, mais pour chaque client généré. Dans certains cas de figure, le partenariat peut être initié directement par le diffuseur de la marchandise. Toutefois, le partenariat est plus souvent organisé par un tiers et constitue un « espace de rencontre » entre les sociétés qui proposent les marchandises et les spammeurs qui sont disposés à réaliser la publicité de ces marchandises. Dans le deuxième cas, l'argent pour chaque client arrive sur le site ou un pourcentage pour chaque vente est versé non seulement au partenaire qui a diffusé la publicité (à savoir le spammeur), mais également à l'organisateur du partenariat.

C'est précisément ce modèle qui a été choisi par les vendeurs de produits les plus diffusés dans le pourriel: Viagra, répliques de montres suisses et logiciels bon marché. De plus, les partenariats impliquent souvent des diffuseurs de contenu pornographique et de publicités pour les casinos en ligne.

Le pourcentage du pourriel dans l'Internet russe envoyé dans le cadre de partenariats ne cesse de varier, mais il se situe toujours à des niveaux assez élevés (30 à 60 % du volume total de courrier indésirable).

Le deuxième mécanisme adopte un scénario plus simple et plus facile à comprendre sur les liens entre « commanditaire - exécuteur ». Dans ce cas présent, l'exécuteur est le diffuseur du spam, le fournisseur de services. Le commanditaire est l'individu ou la société qui utilise ces services pour diffuser la publicité de ses produits. Ce mécanisme est aussi fréquent que les partenariats rencontrés dans l'industrie du web en Russie.

Au début de l'article, nous avons affirmé que les conditions économiques avaient une influence sur le spam. Nous irons même plus loin en déclarant que l'analyse du spam permet de suivre l'évolution de la situation économique. Cela ne veut pas dire qu'il est possible d'envisager tous les scénarios de développement ou de réaliser une analyse économique en profondeur. Toutefois, cette étude permet d'identifier clairement les chutes et reprises de l'activité économique.

Les symptômes de la crise se retrouvent le plus clairement dans le spam diffusé selon le principe « commanditaire - exécuteur » car les commanditaires sont dans leur grande majorité des PME, touchés de plein fouet par la crise. Le graphique ci-dessus illustre clairement les variations du nombre de messages non sollicités commandés.


Nombre de messages non sollicités commandés

Le premier pic d’inflexion à la baisse sur le graphique apparaît au mois d'août 2008 ce qui correspond au début de la crise économique en Russie. Au cours de la période la plus difficile allant d'août à octobre 2008, les commandes de diffusions de messages non sollicités augmentent légèrement, sans atteindre toutefois les niveaux d'avant crise, puis chutent à nouveau. Le deuxième creux remarquable sur le schéma, à savoir au pire moment de la crise, apparaît au printemps 2009. Ces reculs s'expliquent par la réduction des budgets publicitaires chez les clients des spammeurs ainsi que par le nombre de PME adeptes des spams publicitaires qui n'ont pas survécu aux conditions économiques déplorables.

Parmi les biens et les services promus par le spam, seules les offres d'achat/de location de biens immobiliers ont résisté pendant la crise, soumises à leur propre mode de fonctionnement.


Nombre de messages non sollicités concernant divers biens immobiliers

Le volume de ce type de spam dans l'Internet russe est généralement faible car la majorité des sociétés qui travaillent dans l'immobilier sont importantes et n'utilisent pas les services des diffuseurs de messages non sollicités. Ceci étant dit, les offres de location de bureaux sont généralement proposées par de petites sociétés qui ont renforcé leur publicité pendant la crise. Ceci est logique: les nombreuses faillites et cessations d'activité ont laissé derrière elles des bureaux vides et des factures impayées. Dans le même temps, les sociétés qui se maintenaient à flot cherchaient souvent à réduire les dépenses de location et de louer des bureaux moins onéreux. Une telle augmentation du nombre de clients dans ce secteur fit que les propriétaires se retrouvèrent dans une situation instable et furent amenés à réduire le prix des services et à organiser des campagnes publicitaires de grande envergure, notamment par le biais de messages non sollicités. La première flambée d'activité pour ce genre de messages non sollicités apparaît en octobre 2008. Elle atteint son pic au printemps 2009.

Comme nous l'avons déjà dit à maintes reprises, la diffusion de courrier indésirable est une activé commerciale et le commanditaire de ces services n'est pas le seul à souffrir en temps de crise. Le prestataire est une victime également. Et bien que les diffuseurs de messages non sollicités appartiennent à l'économie grise, leurs « entreprise » sont aussi des PME qui ont été touchées par la crise. La fuite des clients a forcé les diffuseurs de courrier indésirable à détourner une grande partie de leurs capacités vers la diffusion de publicité pour leur propres services. Bien entendu, ce genre de courrier indésirable existait déjà avant, mais il n'avait jamais été aussi agressif que durant la crise. Qui plus est, dans un effort pour attirer de nouveaux clients afin de remplacer ceux qui n'avaient pas survécus à la tempête économique, les diffuseurs de courrier indésirable déclaraient que ce genre de publicité était idéal pour les petites entreprises et tous tentaient de se distinguer en affirmant que cette activité n'était pas illégale.


Part du courrier indésirable faisant la publicité des services
de diffusion de courrier indésirable

Le graphique montre clairement que la première réduction du nombre de client s'est manifestée en octobre 2008 mais l'envol de ce genre de courrier indésirable se situe au moins de janvier 2009, avec un pic au mois de mars de la même année.

La situation dans le domaine du courrier indésirable dans le cadre de partenariat a évolué en parallèle. Que le diffuseur de courrier indésirable ait de véritables clients ou non, les partenariats étaient toujours actifs et en participant à ceux-ci, les diffuseurs de courrier indésirable purent renforcer leur revenu réel. Pour le diffuseur de courrier indésirable, ce concept signifie qu'en étant le partenaire d'une organisation ou l'autre, il peut recevoir à n'importe quel moment une rémunération pour un client arrivé sur le site grâce à lui. Par conséquent, lorsque la réduction de commanditaires de diffusion se fit cruellement sentir, les spammeurs se sont tournés vers les partenariats dans l'espoir d'obtenir leur revenu mensuel normal. Le graphique ci-après illustre clairement le rapport entre le volume du courrier indésirable commandé et le volume de courrier indésirable diffusé dans le but d'obtenir une rémunération via le partenariat.


Rapport entre le volume de courrier indésirable commandé et le volume de
courrier indésirable, diffusé dans le cadre de partenariats

Une question se pose : et pourquoi les diffuseurs de courrier indésirable n'abandonnent-ils pas complètement les commandes de diffusion pour se consacrer uniquement aux diffusions dans le cadre de partenariats ? La réponse est très simple. Nous étudions le courrier indésirable dans l'Internet russophone. Et les internautes russes, dans leur grande majorité, n'achètent pas des biens présentés dans le cadre de partenariat. C'est la raison pour laquelle il est bien plus intéressant pour les diffuseurs russes de courrier indésirable de travailler avec des commanditaires qui vont payer un prix déterminé que d'attendre qu'au moins un utilisateur sur les millions qui auront reçu le message achète quelques pilules de viagra.

Au moins de juillet 2009, les premiers signes d'une amélioration de l'activité de diffusion du courrier indésirable se sont manifestés, mais il était encore trop tôt pour parler de tendances sérieuses. Au mois d'août, la tendance était déjà plus marquée. Les diffuseurs de courrier indésirables avaient retrouvé des clients et le volume de spam commandé connu une augmentation sensible. Au moins de septembre, il avait franchi son seuil normal de 50 %. Et les diffusions réalisées dans le cadre de partenariats diminuèrent.

Le volume de publicité pour les spammeur diminua également sensiblement car le retour des clients avait rendu inutile la nécessité d'organiser des campagnes de publicité.

Le sujet de l'immobilier retrouva également son niveau normal, d'avant la crise. Ce qui est un bon indicateur du rétablissement de l'économie : les propriétaires de bureaux n'avaient plus besoin de contacter les spammeurs pour la publicité afin que leurs bureaux ne restent pas inoccupés.

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Volume du courrier indésirable de divers catégories au deuxième semestre 2009

Pour résumer ce qui précède, nous pouvons affirmer sans crainte que la situation dans le secteur de la diffusion de courrier indésirable, victime de la crise économique à l'instar d'autres activités, s'est stabilisée, ce qui témoigne de la stabilisation relative des petites et moyennes entreprises en Russie dans l'ensemble. La stabilisation dans la diffusion de courrier indésirable témoigne du retour de clients capables de payer pour le service. Et le retour du volume de messages non sollicités pour la location de bureaux aux niveaux antérieurs permet d'affirmer avec un certain optimisme que les petites et moyennes entreprises, qui sont les plus vulnérables à ce genre de tensions économiques, sont sorties de la crise.

Source:
Kaspersky Lab
 

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